
La Rome des papes et le Saint Empire romain germanique (900-1266)
L’opposition entre Rome et le Saint Empire romain germanique
À partir de 962, un conflit s’instaure entre les papes et les empereurs germaniques. Les rois germaniques se rendent à Rome pour y être couronnés empereurs par le Pape, établissant ainsi le Saint Empire romain germanique. L’empereur conserve alors le pouvoir, ayant la capacité de choisir ou de destituer les papes.
La réaction de la papauté se manifeste avec le pape Nicolas II, qui met fin au contrôle du roi de Germanie sur l’élection pontificale. Ce dernier bénéficie du soutien de l’aristocratie romaine, du Marquis de Toscane, ainsi que du normand Robert Guiscard, qui exerce son autorité sur les Pouilles et la Calabre. Grégoire VII ira jusqu’à excommunier l’empereur Henri IV, qui, en représailles, s’empare de Rome en 1084.
Un compromis sera finalement signé en 1122 par le pape Calixte II et l’empereur Henri V, dans lequel ce dernier renonce à l’investiture des papes.
L’affirmation des villes et leur rôle économique
La péninsule connaît un certain apaisement, permettant aux villes de prendre une place prépondérante. Il est important de noter que Rome n’est alors pas la ville la plus influente.
Les cités côtières de Pise et Gênes s’assurent un monopole sur le commerce entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien, rivalisant avec Venise, qui conserve le contrôle du commerce avec Constantinople.
Les villes de l’intérieur, comme Brescia et Crémone, profitent de la renaissance du commerce en maîtrisant les routes terrestres. Les banques de Lombardie et de Sienne se développent. Les marchands cherchent à consolider leur pouvoir en créant des collèges pour diriger les cités.
Le retour de l’opposition avec l’empire germanique
L’élection de Frédéric Barberousse à la tête de l’empire germanique ravive le conflit avec la papauté. L’empereur tente d’unifier son pouvoir en s’emparant de la Sicile, alors alliée du Saint-Siège.
Son fils, Henri VI, épouse Constance de Sicile, ce qui lui permet d’acquérir le royaume normand. Cependant, sa mort prématurée laisse son fils avec la Sicile comme seul royaume. Otton IV, bien qu’issu de l’élection papale, s’en prend aux États pontificaux et à la Sicile. Le pape élit alors Frédéric II, fils d’Henri VI, mais celui-ci poursuivra la politique de ses prédécesseurs vis-à-vis des États italiens.
Guelfes et gibelins
Une guerre civile éclate dans la majeure partie de la péninsule, opposant deux factions : les gibelins, partisans de l’empereur, et les guelfes, soutiens du pape. Ce n’est qu’après la victoire de Charles d’Anjou, frère de Saint Louis, en 1266, que les guelfes dominent Rome et une grande partie de l’Italie.
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